La souris d’agneau fait partie de ces morceaux qui rappellent immédiatement les grandes tablées du dimanche, celles où le plat arrive fumant au centre de la table et où plus personne ne parle pendant deux bonnes minutes. C’est un morceau modeste, situé tout en bas du gigot, autour de l’os du jarret, et pourtant c’est probablement l’un des plus gratifiants à cuisiner. Sa chair est traversée de collagène et de tissus conjonctifs qui, sous l’effet d’une chaleur douce et prolongée, se transforment en gélatine et donnent cette texture fondante impossible à obtenir avec un morceau plus noble. La souris d’agneau au four est donc l’exemple parfait d’une cuisine qui récompense la patience plutôt que la technique : vous n’avez besoin ni de matériel sophistiqué ni de tour de main particulier, seulement d’un plat qui ferme bien et de trois heures devant vous.
Dans ce guide complet, je vous donne la recette que je fais depuis des années à la maison, avec les proportions exactes, les temps de cuisson vérifiés selon la méthode choisie, les accompagnements qui fonctionnent vraiment et les erreurs qui gâchent le résultat. Vous trouverez aussi un tableau de référence des températures et des durées, mes conseils pour bien acheter votre viande chez le boucher, les variantes régionales qui méritent le détour, et une foire aux questions qui répond aux interrogations les plus fréquentes. À la fin de cette lecture, vous saurez exactement comment obtenir une souris d’agneau qui se détache de l’os à la simple pression d’une cuillère, nappée d’un jus concentré et brillant.
La souris d’agneau : comprendre le morceau avant de le cuisiner
La souris est le muscle qui entoure l’extrémité inférieure du gigot, juste au-dessus du jarret. Son nom vient de sa forme arrondie et compacte, qui évoque vaguement le petit rongeur une fois la pièce parée. Chaque agneau n’en fournit que deux, ce qui explique pourquoi les bouchers la mettent souvent de côté et pourquoi elle n’est pas toujours disponible en libre-service. C’est un muscle qui travaille beaucoup pendant la vie de l’animal : il est donc riche en collagène, en tissus conjonctifs et en fibres serrées. Cuit rapidement à feu vif, il serait immangeable, sec et élastique. Cuit longtemps à basse température, il devient d’une tendreté remarquable, avec une chair qui se défait en filaments nappés de gelée naturelle. C’est exactement le même principe que pour la joue de bœuf, le jarret de veau ou le travers de porc fondant au four : le collagène est un allié, pas un défaut, à condition de lui laisser le temps de se transformer.
Comptez une souris par personne pour un repas généreux, ce qui correspond à une pièce de 250 à 350 grammes environ, os compris. Pour des convives à l’appétit plus modeste ou si vous servez un accompagnement copieux, trois souris pour quatre personnes suffisent largement, l’os représentant une part non négligeable du poids affiché. Côté budget, la souris se situe généralement entre 18 et 24 euros le kilo chez un boucher traditionnel, ce qui en fait un morceau abordable comparé au carré ou au filet. Les viandes sous signe de qualité comme l’Agneau de Sisteron IGP Label Rouge, dont les agneaux sont élevés sous la mère et nourris au lait maternel durant leurs premières semaines, se paient nettement plus cher, mais la différence de goût et de tenue à la cuisson est réelle.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Localisation | Extrémité basse du gigot, autour de l’os du jarret |
| Nombre par animal | 2 souris seulement |
| Poids moyen | 250 à 350 g pièce (os compris) |
| Prix indicatif | 18 à 24 €/kg (plus élevé en Label Rouge ou IGP) |
| Type de cuisson | Braisage, confit, rôtissage lent — jamais de cuisson rapide |
| Texture recherchée | Chair effilochable à la cuillère, se détachant de l’os |
| Température à cœur cible | Environ 85 °C |

Les ingrédients pour 4 souris d’agneau
La force de cette recette tient à sa simplicité. Il ne s’agit pas d’empiler les saveurs mais de construire un fond de cuisson qui va concentrer et napper la viande pendant trois heures. Les aromates doivent rester lisibles : ail, thym, romarin, un peu de vin blanc et un bouillon de qualité suffisent amplement. Voici ce qu’il vous faut pour quatre convives, en gardant à l’esprit que les quantités de liquide se règlent surtout à l’œil, en fonction de la taille de votre plat.
- 4 souris d’agneau de 250 à 350 g chacune, parées par votre boucher
- 2 têtes d’ail entières, coupées en deux dans la largeur, plus 4 gousses en chemise
- 4 belles branches de thym frais et 2 branches de romarin
- 2 oignons jaunes et 2 carottes taillés en gros morceaux
- 20 cl de vin blanc sec (un côtes-du-rhône blanc ou un vin de Provence font merveille)
- 30 cl de bouillon de volaille ou de fond d’agneau
- 3 cuillères à soupe d’huile d’olive vierge extra
- 30 g de beurre demi-sel
- 1 cuillère à soupe de miel de thym ou de romarin
- 2 feuilles de laurier, sel de Guérande et poivre du moulin fraîchement concassé
Sortez impérativement les souris du réfrigérateur au moins une heure avant de commencer. Une viande à température ambiante colore mieux, cuit plus régulièrement et perd moins de jus au moment du saisissage. C’est un détail que l’on néglige souvent et qui fait pourtant une différence visible dans l’assiette. Profitez-en pour les éponger soigneusement avec du papier absorbant : une surface sèche caramélise, une surface humide bout dans la poêle et reste grise.
La recette pas à pas : trois heures de patience récompensée
Commencez par préchauffer votre four à 150 °C en chaleur traditionnelle. Pendant ce temps, faites chauffer une cocotte en fonte ou une grande sauteuse avec l’huile d’olive et le beurre. Quand le beurre mousse, déposez les souris et saisissez-les sur toutes leurs faces pendant six à huit minutes au total, en les retournant régulièrement à l’aide d’une pince. Ne surchargez pas la cocotte : si nécessaire, procédez en deux fois. Cette étape n’a rien d’accessoire, c’est elle qui crée les sucs caramélisés au fond du récipient et qui donnera à votre jus sa profondeur et sa couleur ambrée. Salez et poivrez généreusement à ce moment précis, puis réservez la viande sur une assiette.
Dans la même cocotte, sans la laver, jetez les oignons, les carottes et les têtes d’ail coupées face contre le fond. Laissez-les colorer cinq minutes en remuant, puis déglacez avec le vin blanc en grattant énergiquement les sucs à la spatule en bois. Laissez réduire de moitié à feu vif, l’alcool doit s’évaporer et l’odeur devenir douce. Ajoutez ensuite le bouillon, le miel, le laurier, le thym et le romarin, puis remettez les souris dans la cocotte en les enfonçant à demi dans le liquide. L’objectif n’est pas de les noyer : le liquide doit monter environ à mi-hauteur des pièces, de manière à ce que le dessus rôtisse pendant que le dessous confit.
Couvrez avec le couvercle ou, à défaut, avec une double épaisseur de papier aluminium bien serrée sur les bords. Enfournez pour deux heures trente à trois heures selon la taille des souris. Toutes les quarante minutes environ, ouvrez et arrosez généreusement la viande avec le jus de cuisson à l’aide d’une grande cuillère. Ce geste répété nourrit la surface, empêche le dessus de se dessécher et construit progressivement ce vernis brillant caractéristique des viandes confites. Dans les quinze à vingt dernières minutes, retirez le couvercle et montez le four à 200 °C : le jus va réduire, épaissir, et la surface des souris va prendre une belle laque dorée. Surveillez de près à ce stade, car le miel peut brûler rapidement.
Le conseil de Tom — Le test de cuisson ne se fait ni à la montre ni au thermomètre, mais à la fourchette. Plantez une fourchette dans la partie la plus épaisse et faites-la pivoter d’un quart de tour : si la chair résiste, prolongez de trente minutes et arrosez à nouveau. Si elle se défait sans effort et laisse apparaître l’os, c’est prêt. Une souris trop cuite n’existe pratiquement pas tant qu’il reste du liquide dans le plat ; une souris pas assez cuite, en revanche, est décevante et sèche. Dans le doute, laissez-la encore un peu.
Temps et températures de cuisson : le tableau de référence
Toutes les méthodes ne se valent pas, et le choix dépend surtout du temps dont vous disposez. La cuisson lente à 150 °C reste la référence absolue pour un résultat fondant et un jus concentré, mais il existe des solutions plus rapides quand l’organisation l’impose. Voici les combinaisons que j’ai testées et les résultats que vous pouvez en attendre. Notez que les durées s’entendent pour des souris de calibre moyen, autour de 300 grammes ; ajoutez vingt à trente minutes pour des pièces plus grosses, et vérifiez toujours à la fourchette avant de servir.
| Méthode | Température | Durée | Résultat obtenu |
|---|---|---|---|
| Cuisson lente couverte (recommandée) | 150 °C | 2 h 30 à 3 h | Chair fondante qui se détache de l’os, jus concentré |
| Cuisson très lente, façon confit | 130 °C | 4 h à 5 h | Texture effilochée, idéale pour un parmentier ou une garniture |
| Cuisson intermédiaire couverte | 170 °C | 2 h | Bon compromis, viande tendre mais légèrement plus ferme |
| Cuisson rapide couverte | 200 °C | 1 h 30 | Correct par manque de temps, mais moins moelleux |
| Finition à découvert (toutes méthodes) | 200 °C | 15 à 20 min | Laque dorée et réduction du jus |
Si vous utilisez un thermomètre à sonde, visez une température à cœur d’environ 85 °C. Cela peut sembler très élevé pour de l’agneau, et c’est normal : contrairement à un gigot rosé ou à une cuisson de rosbif au four, où l’on cherche à préserver le jus et une chair rosée, la souris doit dépasser le seuil de dénaturation du collagène pour devenir fondante. En dessous de 80 °C à cœur, les fibres restent serrées. Au-delà de 85 °C, la gélatine s’est formée et la viande cède sous la fourchette. C’est toute la différence entre une cuisson à point et une cuisson confite, deux logiques opposées qu’il ne faut jamais confondre.

Les accompagnements qui font la différence
Une souris d’agneau appelle un accompagnement capable d’absorber son jus, qui est de loin la meilleure partie du plat. C’est pourquoi les féculents et les purées fonctionnent si bien : ils captent la sauce au lieu de la laisser stagner au fond de l’assiette. Cela dit, il faut aussi un contrepoint de fraîcheur ou d’acidité, car la souris est un morceau riche et légèrement gras. L’équilibre idéal combine donc un support neutre et généreux, un légume qui apporte du mordant, et éventuellement une touche herbacée au dernier moment. Voici les associations que je propose le plus souvent à ma table.
- Purée de pommes de terre à l’huile d’olive : le classique indétrônable, plus légère qu’une purée au beurre et parfaitement accordée à l’agneau
- Gratin dauphinois : riche mais irrésistible, à réserver aux repas de fête
- Flageolets verts mijotés : l’accord traditionnel français par excellence, avec une pointe d’ail et de persil
- Légumes racines rôtis : carottes, panais et navets caramélisés au même four, dans un plat séparé
- Semoule aux raisins et amandes : pour une version d’inspiration méditerranéenne
- Polenta crémeuse au parmesan : douce et onctueuse, elle enrobe merveilleusement le jus
- Écrasé de céleri-rave : plus original, avec une amertume légère qui allège l’ensemble
Si vous cherchez d’autres idées de garnitures qui fonctionnent avec les viandes rôties en général, mon guide des accompagnements pour poulet rôti propose une vingtaine de pistes transposables presque telles quelles, et les pommes de terre farcies façon grand-mère constituent une alternative astucieuse quand vous voulez que tout cuise dans le même four. Côté vin, restez sur un rouge structuré mais pas tannique à l’excès : un côtes-du-rhône villages, un madiran assagi par quelques années de garde ou un bandol feront honneur au plat. À consommer avec modération, bien entendu.
Un morceau à braiser ne se juge jamais à la minute près. Il se juge à la façon dont la chair quitte l’os. Tant qu’elle résiste, c’est que le collagène n’a pas fini son travail — et le four, lui, ne s’impatiente pas.
Variantes régionales et déclinaisons à essayer
La souris d’agneau se prête à de nombreuses interprétations, et chaque région de France ou du pourtour méditerranéen y a apposé sa signature. La version provençale, sans doute la plus répandue, ajoute des tomates confites, des olives noires de Nyons et une généreuse dose d’herbes de Provence au fond de cuisson. Le résultat est plus acidulé, plus solaire, et se marie particulièrement bien avec une semoule ou des pâtes fraîches. Dans le Sud-Ouest, on remplace volontiers le vin blanc par un vin rouge charpenté et l’on ajoute quelques lardons fumés et des cèpes séchés réhydratés, ce qui donne un plat nettement plus rustique et automnal.
La déclinaison orientale mérite également l’attention. Elle troque le thym contre un mélange de cumin, de coriandre moulue et de cannelle, ajoute des abricots secs et des pruneaux dans la dernière heure de cuisson, et se termine par une pluie de coriandre fraîche et d’amandes effilées grillées. Le sucré-salé fonctionne remarquablement bien avec l’agneau, dont le goût prononcé supporte sans peine ces épices chaudes. Enfin, pour les amateurs de cuisine mijotée traditionnelle, sachez que le principe reste rigoureusement le même que pour un sauté de veau grand-mère : saisir, déglacer, mouiller à mi-hauteur, couvrir et oublier. Une fois cette mécanique comprise, vous pouvez improviser à l’infini selon ce que contient votre garde-manger.

Bien choisir et acheter sa souris d’agneau
Un bon plat commence toujours à l’étal du boucher. Recherchez une chair d’un rouge franc, jamais brunâtre, avec une graisse d’un blanc crémeux plutôt que jaune : une graisse jaune trahit généralement un animal plus âgé, au goût nettement plus prononcé. Le morceau doit être ferme au toucher et présenter un os proprement scié, sans esquilles. N’hésitez pas à demander à votre boucher de parer légèrement la souris en retirant l’excédent de gras superficiel et la membrane nacrée, tout en conservant une fine couche de gras qui protégera la viande pendant les longues heures de cuisson.
Les souris étant peu nombreuses, prévenez votre boucher deux ou trois jours à l’avance, surtout si vous en voulez quatre ou six d’un calibre homogène. Les signes officiels de qualité constituent un repère utile : l’Agneau de Sisteron IGP Label Rouge, élevé en Provence et nourri exclusivement au lait maternel durant ses soixante premiers jours, offre une viande claire et délicate ; l’agneau du Quercy, l’agneau de Pauillac ou l’agneau de l’Aveyron présentent chacun leurs nuances. Les agneaux d’importation, souvent néo-zélandais ou irlandais, sont plus économiques mais dégagent parfois une odeur plus marquée à la cuisson, que la longue cuisson en cocotte atténue heureusement en grande partie.
Les erreurs à éviter absolument
La première erreur, et de loin la plus fréquente, consiste à cuire trop court en croyant bien faire. On sort les souris au bout d’une heure trente parce qu’elles sont dorées, et l’on se retrouve avec une viande ferme et fibreuse. La coloration extérieure ne dit strictement rien de l’état du collagène à l’intérieur. La seconde erreur est de noyer la viande : si le liquide recouvre entièrement les souris, vous obtenez une viande bouillie, pâle, dont les arômes se diluent dans le bouillon au lieu de se concentrer. Le niveau à mi-hauteur n’est pas un détail esthétique, c’est le cœur de la méthode.
Troisième piège classique : ne pas couvrir. Sans couvercle ni papier aluminium, l’humidité s’échappe, le fond de cuisson s’assèche et attache, et la surface de la viande durcit avant que l’intérieur n’ait le temps de se détendre. Enfin, méfiez-vous des températures trop élevées par impatience. Passer de 150 °C à 220 °C ne fait pas gagner du temps, cela contracte les fibres et expulse les jus. La cuisson lente n’est pas une préférence de chef, c’est une contrainte physique liée à la transformation du collagène, qui commence sérieusement autour de 68 °C et demande plusieurs heures pour être complète.
Conserver, réchauffer et accommoder les restes
Bonne nouvelle : la souris d’agneau est un plat qui gagne à être préparé la veille. Une fois refroidie dans son jus, la viande continue de s’imprégner des arômes, et la graisse remonte en surface où vous pourrez la retirer facilement le lendemain. Conservez le tout au réfrigérateur dans un récipient hermétique, jus compris, pendant trois jours maximum. Pour réchauffer, remettez le plat couvert au four à 140 °C pendant trente à quarante minutes, en arrosant à mi-parcours. Évitez le micro-ondes, qui assèche la surface et détruit la texture gélatineuse si patiemment obtenue.
La congélation fonctionne parfaitement, à condition de congeler la viande dans son jus. Comptez jusqu’à trois mois, avec une décongélation lente au réfrigérateur pendant une nuit complète avant réchauffage. Quant aux restes, ils font merveille effilochés : mélangés à une purée pour un parmentier d’agneau, glissés dans des raviolis maison, ou simplement réchauffés avec un peu de jus et servis sur des pâtes fraîches avec un tour de moulin à poivre et quelques copeaux de pecorino. Le jus restant, filtré et réduit, se congèle également en bacs à glaçons et devient une base de sauce précieuse pour d’autres plats.
Questions fréquentes sur la souris d’agneau au four
Faut-il vraiment saisir la viande avant d’enfourner ?
Oui, et c’est une étape que je déconseille formellement de sauter. Le saisissage déclenche la réaction de Maillard, qui crée des centaines de composés aromatiques absents d’une viande simplement pochée. Ce sont ces sucs caramélisés, déglacés ensuite au vin blanc, qui donnent au jus sa couleur profonde et sa complexité. Sans cette étape, votre plat sera correct mais plat, avec un goût de bouilli. Six à huit minutes à la poêle changent radicalement le résultat final.
Peut-on cuire la souris d’agneau à la cocotte-minute ?
C’est possible et cela fonctionne plutôt bien quand le temps manque : comptez quarante-cinq minutes à cinquante minutes sous pression après le sifflement, avec la même base aromatique. La viande sera tendre, mais le jus n’aura pas la concentration obtenue au four et la surface ne développera pas la même laque. Je recommande dans ce cas de terminer par quinze minutes au four à 200 °C à découvert pour rattraper la couleur. Le même raisonnement s’applique d’ailleurs à la cuisson des endives à la cocotte-minute, où la rapidité se paie toujours d’un peu de finesse.
Combien de souris d’agneau par personne ?
Une souris par personne pour un repas complet et généreux, ce qui représente environ 250 à 300 grammes bruts, soit à peu près 180 à 220 grammes de viande une fois l’os retiré. Si vous servez un accompagnement copieux comme un gratin dauphinois ou des flageolets, ou si votre table compte des appétits modérés, trois souris pour quatre convives passent très bien. Pour un buffet ou un plat parmi d’autres, une demi-souris effilochée par personne suffit amplement.
Comment savoir si la souris est assez cuite sans thermomètre ?
Le test le plus fiable reste celui de la fourchette : plantez-la dans la partie la plus charnue et faites-la pivoter. La chair doit se séparer en filaments sans résistance. Un second indice visuel est très parlant : l’os se dégage progressivement de la viande à mesure que celle-ci se rétracte, et un centimètre d’os apparaît nu à l’extrémité. Enfin, secouez légèrement le plat : une souris à point tremble un peu, comme une viande confite. Si rien de tout cela ne se produit, prolongez simplement la cuisson.
Quel vin blanc utiliser pour le fond de cuisson ?
Un blanc sec et peu boisé, que vous auriez plaisir à boire par ailleurs. Un côtes-du-rhône blanc, un vin de Provence, un mâcon-villages ou un simple picpoul de Pinet conviennent parfaitement. Évitez absolument les vins de cuisine industriels salés, qui déséquilibrent l’assaisonnement, ainsi que les blancs très boisés dont les notes vanillées deviennent envahissantes après trois heures de réduction. Si vous ne consommez pas d’alcool, remplacez le vin par un bouillon de volaille additionné d’une cuillère à soupe de vinaigre de cidre.
Peut-on préparer la souris d’agneau à l’avance pour un repas de fête ?
C’est même vivement recommandé. Cuisez le plat complètement la veille, laissez refroidir, réservez au réfrigérateur, puis dégraissez à froid le lendemain. Une heure avant le service, remettez au four couvert à 140 °C pendant trente à quarante minutes, puis découvrez et montez à 200 °C dix minutes pour redonner du brillant. Non seulement le goût sera meilleur, mais vous vous libérerez complètement le jour J, ce qui n’a pas de prix quand on reçoit.
Pour conclure
La souris d’agneau au four est l’un de ces plats qui donnent l’impression d’avoir passé la journée en cuisine alors qu’il ne demande en réalité qu’une vingtaine de minutes de travail effectif. Tout le reste appartient au four et au temps. Retenez les trois principes essentiels : saisir franchement pour construire le goût, mouiller à mi-hauteur seulement pour concentrer plutôt que diluer, et cuire longtemps à 150 °C sous couvercle en arrosant régulièrement. Le reste — les herbes, le vin, les épices, l’accompagnement — relève de votre goût personnel et des saisons.
Servez-la bien chaude, avec son jus réduit versé au dernier moment et une purée capable de tout absorber. Prévoyez du pain pour saucer, car personne n’y résistera, et n’ayez pas peur des restes : ils feront un déjeuner du lendemain que beaucoup préféreront au plat original. C’est là toute la beauté des morceaux à braiser, ces pièces humbles que la patience transforme en grande cuisine.
Photo à la une : Benoît Prieur / Wikimedia Commons — licence CC0
Passionné de gastronomie française depuis l’enfance, Tom Beaumont a grandi entre les marchés provençaux et les caves bourguignonnes. Il fonde La Grange de Tom pour partager recettes testées, adresses sélectionnées et coups de cœur viticoles.

